Oubliez la mode jetable : Le secret du style tokyoïte se cache dans les friperies

magasin friperie chemises hawaienne

On se fait souvent une idée préconçue de la mode à Tokyo. On imagine des filles et des mecs en « full » marques, des pièces ultra chères et tout le monde habillé comme s’il sortait d’une pub de magazine. C’est vrai, une certaine élite de la mode existe, bien sûr. Mais si tu regardes bien, la vraie créativité et le vrai style se trouvent ailleurs. Loin des grandes avenues de Ginza, c’est dans les rues de Koenji, Shimokitazawa ou Harajuku qu’une révolution discrète est en marche. C’est la révolution de la seconde main, celle des friperies et des magasins vintage.

Ici, la fripe n’est pas un dernier recours pour ceux qui n’ont pas les moyens. C’est un choix, une déclaration de style. C’est la preuve que tu as le « œil », la capacité de trouver la perle rare, la pièce qui va faire la différence dans ta tenue. C’est un peu une chasse au trésor permanente. Et le truc de fou, c’est que ça a donné naissance à des quartiers entiers, qui ne vivent que pour et par la mode d’occasion.


Le temple du vintage : Shimokitazawa et Koenji

Si tu veux comprendre cette tendance, il faut que tu ailles faire un tour dans ces deux quartiers. Shimokitazawa, c’est le quartier des bobos, des musiciens et des artistes. Les petites rues sont bondées de boutiques indépendantes, de cafés sympas et surtout de friperies à gogo. Tu peux passer des heures à fouiller dans les rayons sans jamais t’ennuyer. C’est ici que tu peux trouver une veste Levi’s des années 80, un pull en cachemire de créateur à moitié prix, ou une robe unique que personne d’autre n’aura. C’est un mélange de tout et n’importe quoi, et c’est ce qui fait son charme.

tokyo japan may 3 2023: lower kitazawa or shimokitazawa is one of famous shopping street, is well known for the density of small independent fashion retailers, cafes, theaters, bars and live music ven

Juste à côté, il y a Koenji. C’est un peu le grand frère, plus underground, plus rock. Les boutiques de friperies sont plus axées sur des styles spécifiques : tu as des magasins spécialisés dans le workwear américain, d’autres dans les pièces des années 90, et même des boutiques qui ne vendent que des t-shirts de groupes de musique. L’ambiance est plus brute, plus authentique. Les vendeurs sont des passionnés qui peuvent te raconter l’histoire de chaque pièce. C’est une vraie plongée dans la culture.


Plus qu’une affaire de prix : une question de culture

Le truc, c’est que la fripe au Japon, c’est pas juste pour faire des économies. C’est aussi un moyen de se démarquer. Dans un pays où le style a tendance à être assez uniforme, où les tendances sont très marquées (pense aux groupes de filles qui s’habillent toutes pareil), la seconde main, c’est une façon de montrer ta personnalité. C’est la pièce forte qui va casser le code, qui va dire « regardez, je suis différent(e) ».

La qualité des vêtements d’occasion ici est aussi un truc de fou. Les Japonais prennent soin de leurs affaires. Du coup, quand tu achètes une chemise ou un pantalon en friperie, il est souvent en parfait état. Il est propre, bien repassé, et il sent bon. Oublie l’image des magasins sombres et qui sentent la naphtaline. Ici, les boutiques sont lumineuses, bien rangées, et les pièces sont souvent mises en valeur comme dans un magasin de luxe.

Un autre aspect important est la durabilité. Les jeunes générations sont de plus en plus conscientes de l’impact de l’industrie textile sur l’environnement. Acheter de la seconde main, c’est aussi un geste pour la planète. C’est un moyen de participer à un mouvement plus large, de s’inscrire dans une démarche plus responsable sans sacrifier le style.


Le « look japonais » revisité

Alors, comment ça se traduit concrètement ? Tu vois beaucoup de gens qui mélangent des pièces de créateurs avec des trouvailles de friperies. Une robe vintage avec des sneakers dernier cri, un vieux jean Levi’s avec un t-shirt imprimé d’un magasin de seconde main. C’est ce mélange des genres, ce contraste entre le neuf et le vieux, entre le mainstream et l’unique, qui donne cette patte si particulière au style tokyoïte. C’est un peu la quintessence de la ville : un mélange d’ancien et de futuriste, de tradition et de modernité.

Si tu as l’occasion de venir, ne te contente pas des grandes enseignes de Shinjuku ou Shibuya. Ose l’aventure dans les rues de Koenji ou Shimokitazawa. Prends le temps de fouiller, de te perdre dans les rayons. Tu trouveras peut-être le vêtement qui te racontera une histoire, celle de la mode à Tokyo, loin des clichés, au cœur de la créativité et de l’authenticité.


Comment s’y retrouver dans les friperies de Tokyo : le petit tuto

  1. Faire la différence : Il y a une différence entre les « fripes » (souvent au poids, moins chères, plus dans le style américain) et les « vintage shops » (pièces plus chères, sélectionnées, souvent de marques ou de créateurs).
  2. Savoir où aller : Koenji pour le style « rock » et le vintage. Shimokitazawa pour un mélange plus « bobo » et chic. Harajuku pour les styles plus pointus et excentriques.
  3. Ne pas avoir peur de fouiller : C’est la base. Les plus belles pièces sont souvent au fond d’un rayon. C’est un peu comme une chasse au trésor, donc prends ton temps.
  4. Essayer ! : N’hésite pas à essayer les vêtements, les vendeurs sont souvent très serviables et de bon conseil.

Alors, prêt à tenter l’aventure de la seconde main à Tokyo ?

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